15 2) La suppression des lettres reflétant des variantes locales allophoniques : • les variantes nasales « în », « én » en ouestwallon, « ing » du côté de Malmedy, qui reproduisent localement le phonème (son) écrit sous la forme « in » partout ailleurs (cf aussi ci-dessous) (« c’ èst bîn », « c’ èst bén », deviennent « c’ èst bin » ; « rîn », « rén », « ring » deviennent « rin » (rien)) ; • le « ë » /ә/ en Brabant wallon, dans le sudwallon, correspondant au « i » /I/ ou au « u » /y/ ailleurs (ex. : « dëvant », « pës » deviennent respectivement « divant » et « pus » (plus de : « ne… plus ») ; • le fameux « å » en est-wallon (qui, d’ailleurs, n’est pas présent sur nos claviers), correspondant soit à « â » ou « au » ailleurs. (NB Lors d’un spectacle présenté dans le centre de la Wallonie, intitulé « Li mwért di l’ åbe », avec le titre en est-wallon, même des wallophones chevronnés ne savaient pas à quoi correspondait le dernier terme…) (ex. : « åbe », « cåve » deviennent « aube » (ou « âbe ») et « cauve » (« câve ») ; « capåbe » devient « capâbe ») ; • le « ån » vu dans des textes écrits en sud-wallon, le « ô » très nasalisé dans la région de Verviers, correspondant à « on » ailleurs (ex. : « mâjån » y devient « mâjon » (maison) ; « Nèssôvå » devient « Nèssonvau » ) ; • le /ŋ/ de l’anglais « thing » utilisé dans le pays de Malmedy avec « an-, in-, on- » correspondant à « an », « in, « on » ailleurs (ex. : « ning » (de « nu … ning » (fr. « ne … pas) devient « nin ») ; NB : Le son représenté par « ô » en wallon namurois (entre /o/ et /u:/) est réellement un phonème, distinct du son /o/. Ex. « tchôd » (chaud) et « tchau » (viande). Dans les autres cas, l’ « ô » est à remplacer par « au ». Ex. : « môjone » (maison) devient « maujone » ; « ô mitan » devient « au mitan ». 3) La simplification de l’orthographe wallonne en raison de la scolarisation de la population en français. Puisque, dans le sud du pays, l’ensemble des personnes est instruit en français, il faut simplifier l’orthographe wallonne dans ce sens : • au pluriel, on ajoute logiquement un -s à « ouy », « uch / ouh » (et leurs variantes) : dès-ouys, dès-uchs ; à « i » (il > ils) : « i mindje / magne » > « is mindjenut / magnèt ; • « à », « déjà », « là », « où » en français s’écriront en wallon uniquement « à », « dèdjà », « là », « èwoù » (centre-wallon); • le mot « en » français s’écrira uniquement « en » en wallon (ainsi « an 2040 » (en l’année 2040) devient « en 2040 » ; le mot écrit bizarrement « çans’ » (dès ~ : de l’argent) devient « cens’ » (à rapprocher de « cent », « centime », …) ; « ambêter » devient « embêter » ; « mô » devient « « mau ») ; • les agglutinations orthographiques, acceptées dans l’orthographe Feller, « al », « dèl », « pol / poul », « sul / sol » (mais qui n’existent pas pour « dins + l’ », « drî + l’ », « viès + l’ », …, - absence de logique) seront remplacées par « dè l’ », « po l’ / pou l’», « su l’ », « so l’ », logiquement comme « dins l’ », « drî l’ », « viès l’ », etc. (ex. : « à l’ vile », « dè l’ salade », « po l’ amoûr », « su l’ / so l’ corti », « dins l’ gâradje / garèdje », « drî l’ radiyateûr ») ;
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