21 4 désormais menacées par l’imposition de cette nouvelle orthographe. Celle-ci ne repose sur aucun fondement linguistique scientifique ni sur une validation par la production littéraire ou par les rencontres scientifiques tenues depuis cette date. Cette situation compromet gravement les progrès nécessaires à la survie de la langue aragonaise en tant que langue minoritaire. L’avenir de la langue aragonaise demeure incertain, car le gouvernement a supprimé la Direction Générale de Politique Linguistique d’Aragon et il a éliminé toutes les aides qui avaient été approuvées pour l’aragonais et pour le catalan. D’une façon générale, on peut considérer que les divers gouvernements ne manifestent pas une volonté de favoriser le développement de la langue aragonaise comme langue co-officielle. Pour ce qui est de l’enseignement, la langue aragonaise ne fait partie d’aucun niveau du cursus scolaire ; elle constitue une matière facultative, proposée parmi d’autres activités extrascolaires. Les résultats obtenus par les élèves ne leur permettent pas de parler en aragonais ; en outre cette matière n’est pas notée et ne bénéficie pas d’un apprentissage continu tout au long de l’enseignement primaire ni secondaire. La seule nouveauté qui pourrait être considérée comme positive, réside dans le fait que, face à l’absence de financement du gouvernement régional actuel pour les activités liées à la langue aragonaise, le gouvernement central, par l’intermédiaire du ministre de la culture, a accordé une aide de 50 000 euros à répartir entre l’Académie Aragonaise de la Langue et la Députation Provinciale de Saragosse. Ángeles Ciprés-Palacín Sécretaire territoriale pour Espagne (ALCEM) Marseille, le 7 novembre 2025 INFORMATION SUR LA FRANCE Pour ce qui est de l’enseignement des langues régionales dans les établissements de la République, la situation n’est pas encourageante dans la mesure ou l’enseignement en immersion n’est toujours pas permis. Depuis la réforme Blanquer en 2021 pour le baccalauréat, la réforme des collèges qui a suivi sur les groupes de travail, le manque d’écoles primaires bilingues, le manque de formation et de supports pédagogiques, les langues régionales assistent, quasi impuissante à la baisse des effectifs dans les rangs des élèves. Ajoutons que le manque de passerelles entre les cycles d’enseignement pimaire➔ Secondaire ➔ Supérieur. En Provence, il n’est plus possible de suivre un parcours licence, master, doctorat. Ailleurs, il reste Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Jusqu’à quand ? Alors, nous avions un grand espoir de voir la situation se déverrouiller avec la loi du 21 mai 2021, dite loi Molac, du nom du député breton Paul Molac qui l’a rédigée. Nous nous sommes réjouis trop tôt. En effet, il se trouve que cette loi censée permettre la protection patrimoniale et la promotion des langues dites régionales et l’enseignement immersif est inapplicable du fait de son interprétation par le gouvernement français qui y voit un aspect anticonstitutionnel. La pierre d’achoppement, c’est l’article 2 de la Constitution, rédigé en 1992 qui précise : « Le français est la langue de la République ». Le but de cette affirmation était de faire barrage à l’anglais. Quelle hypocrisie quand on sait que l’anglais continue à polluer la langue nationale. Par-contre, cet article fait barrage aux langues régionales et autochtones en France et y compris dans les territoires d’outre-mer. On ne parle même plus de l’article 75-1 qui dit : « Les langues régionales font partie du patrimoine de la France » qui sonne comme un faire-part mortuaire mais ne garantit en aucune façon le soutien officiel à ces langues. Nous comprenons donc que le premier combat, c’est tenter d’échapper à la verticalité du pouvoir du Président de la République et se tourner vers plus d’horizontabilité, c’est-à-dire de démocratie. Le Conseil européen a plusieurs fois avisé notre Président, que le caractère hors
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk4ODg=