23 Raison En France, la question des langues locales, vernaculaires, est aujourd’hui d’autant plus audible que ces dernières le sont moins. Cette réalité est notamment sensible dans les territoires des langues d’oïl, reconnues plus tardivement comme langues dites régionales que leurs voisines de Bretagne, d’Alsace, du Pays Basque ou d’Outre-Mer. De nombreuses personnes habitant ou visitant nos territoires peuvent désormais en ignorer les particularités, les mots, les expressions, les histoires et les légendes, les accents, l’existence même. Défendre et transmettre nos langues et les imaginaires qui leur sont liés, c’est affirmer que la sauvegarde de la diversité sous toutes ses formes est une urgence démocratique et vitale face à l’uniformisation du Monde. C’est aussi affirmer que ces langues sont une source de développement et d’épanouissement humain pour chacune et chacun, et un moyen d’éveiller la sensibilité au territoire local, qu’importe la focale de cette localité. Cette sensibilité est d’autant plus nécessaire que nous devons aujourd’hui préserver les richesses naturelles, la biodiversité, les paysages, ... au moment même où les modes de vie, les écrans, les fractures sociales, etc., érodent nos capacités d’attention et de lien : le territoire n’est-il pas la bonne maille pour réagir ? Notre parler, dans les mots de Jean-Loup Trassard, c’est «le son de la terre», «la musique du paysage» : c’est un patrimoine à la fois riche et modelable, que l’on doit conserver et renouveler, c’est-à-dire transmettre. Merci infiniment pour votre soutien, DPLO, Saint-Lô
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk4ODg=