Cocorico

16 Il a également rappelé qu’il était plus que jamais nécessaire de parler du théâtre en langues régionales, celui-ci étant sans doute devenu le principal vecteur de maintien et de propagation de notre patrimoine linguistique. Nécessaire de faire le point car le public a évolué, la manière de jouer aussi et, dans une certaine mesure, le répertoire s’est ouvert. Le but essentiel de ce colloque est d’entendre les témoignages et les propositions des participants. Il présenta ensuite le modérateur de la séance, Roland Thibeau, lui-même dramaturge et auteur picard. Celui-ci lança de suite un pavé dans la mare, en faisant part d’une lettre de Bernard Louis, qui n’avait pas la possibilité de nous rejoindre, mais qui, de sa longue expérience de membre du jury de la Coupe du Roi, estimait que le théâtre en wallon était cliniquement mort mais que son caractère bouffon pouvait être utile comme thérapie…Le moins que l’on puisse dire, c’est que le débat était lancé ! Chacun des intervenants présenta alors sa propre expérience. Michel Robert insiste sur la nécessité de se différencier du vaudeville français et qu’un auteur ne peut pas écrire n’imprte quoi. Grâce à sa troupe L’Equipe de Gerpinnes, il a la chance d’être joué et il n’écrit jamais en vain. Christian Derycke est entré à 26 ans dans la troupe de Marius Staquet, à Mouscron. Après le décès du fondateur, et pour renouveler le répertoire, il a écrit une première pièce Tete de finmes , et puis il a continué à écrire pour le théâtre picard. Il a la chance d’avoir un public nombreux, jusque dans le nord de la France. Au niveau de sa troupe, le problème essentiel est de trouver des jeunes qui parlent encore le picard. Il estime que si l’on n’entend plus le picard, on ne le parlera plus. En tant qu’auteur, il se doit de ne pas galvauder la langue. René Mairy est metteur en scène au Cercle wallon de Couillet. On y monte trois spectacles par an, surtout des pièces adaptées du français. Les spectateurs demandent du comique ; il constate un certain rajeunissement du public, mais il est difficile de recruter de jeunes acteurs ; malgré l’existence d’une troupe de jeunes au sein de ce Cercle, bien peu de membres continuent à pratiquer le théâtre en wallon à l’âge adulte... Roland Thibeau vient du théâtre en français et le picard s’est réveillé en lui notamment pour évoquer des sujets locaux. Il critique l’évolution actuelle des émissions consacrées aux langues régionales à la RTBF où l’on se contente du « parler mal » et où la part résrvée à la création est quasiment absente. Michel Meurée est l’un des fondateurs de la troupe des Comédiens de Sarty, à Courcelles. Sa première pièce, In tout nouvia mayeûr, une comédie plutôt classique, a été jouée en 1974. Depuis, il a écrit une bonne vingtaine de pièces, abordant des genres divers : comédies,

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