Cocorico

18 parfois envie d’écrire autre chose que du « comique », des comédies dramatiques par exemple, à la manière de Charles-Henry Derache, et on se doit de les présenter à un public qui finira par les appécier si elles sont de qualité. Roland Thibeau, en constatant que la tradition du théâtre en langues régionales est de monter un spectacle en trois actes, avec deux (longs!) entractes, se demande si l’on ne pourrait pas « condenser » la présentation, comme cela se fait de plus en plus en français et avec succès. Jean-Claude Mansy, à propos du répertoire, estime, lui aussi, qu’il faut accompagner le public pour sortir du théâtre traditionnel. Il a, par exemple, demandé à son fils d’écrire deux pièces qu’il a adaptées en wallon. Mais on peut aussi se tourner vers des classiques français comme Molière ou encore Jean Racine, dont la version de Les Plaideurs , due à George Fay, a été récemment montée avec bonheur… Roland Thibaut propose alors que l’on s’intéresse au rapport avec les autorités locales, notamment pour ce qui concerne les salles et locaux mis à la disposition des troupes. A Fosses-la-Ville, dit Claudine Franceschini, une nouvelle salle est mise à la disposition de sa troupe, mais celle-ci doit s’occuper entièrement de la gestion de la scène et des décors. Michel Meurée évoque la situation à Courcelles, où l’occupation de la salle habituelle des Comédiens de Sarty, qui relève du privé, pose actuellement problème, mais où, par ailleurs, aucune salle communale n’est actuellement adaptée au théâtre. René Mairy constate qu’à Couillet, la situation risque de devenir difficile : bon nombre de centres culturels étant fermés ou en travaux, celui de Couillet est de plus en plus utilisé, et en conséquence, le Cercle wallon n’est plus privilégié… Il regrette aussi que la Ville de Charleroi ne fasse pas grand-chose pour le théâtre amateur, quel qu’il soit. AMouscron, précise Christian Derycke, nous avons la chance de disposer du Centre culturel, mais à condition de payer la salle. Le décor est monté par le personnel communal, mais le matériel est acheté par la troupe. Pour les spectacles qui ont lieu en France, il faut évidemment transporter le décor et veiller à son installation. Michel Robert signale qu’à Gerpinnes, la situation est un peu compliquée. La salle n’est pas adaptée à des spectacles théâtraux, et il faut, à chaque fois, y monter la scène et le décor. Il y a bien un projet de salle polyvalente, mais c’est très difficile de faire avancer les choses, même en étant échevin… Robert Vandergheynst se demande si la Ville de Charleroi ne veut pas simplement supprimer tout le théâtre amateur. Pour Marie-Christine Lambot, ancienne échevine courcelloise, il faut se demander quelle est la place de la culture dans un budget communal. Roland Thibeau pense qu’il y a une culture qui sert de « faire-valoir » aux politiques : il faut se montrer dans les lieux où l’on est vu et pour ce qui est du reste, ce n’est guère important... Pour Jean-François Lacroix, la vraie problématique est : quel est notre projet de société ?

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