C'est la rentrée à l'UCW ! Et on envisage de nouveaux projets... Ratakans mès-èfants ! Magazine du bilinguisme wallon COC RICO n°78 - Septembre 2026 Envoyez-nous vos articles ! secretariat.ucw@gmail.com Editeur responsable : Union Culturelle Wallonne Siège Social et rédaction : 20 Rue Surlet, 4020 LIEGE 04/342 69 97 - secretariat.ucw@gmail.com - www.ucwallon.be Numéro d’entreprise : 478.033.816 Mise en page : Nathalie Valkenborgh - www.natnouch.be Comité de rédaction : Michel HALLET Bernard LOUIS Christian ROBINET Johan VIROUX Jacques WARNIER Journal trimestriel réalisé avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région Wallonne. Avec le soutien du Conseil des langues régionales endogènes. Image générée avec l'aide de l'intelligence artificielle
Le Site de l’Union Culturelle Wallonne est de plus en plus fréquenté pour nous adresser vos messages ! Nous vous en sommes reconnaissants et nous vous invitons, sans relâche, à nous transmettre toutes vos activités ou celles qui ont lieu dans votre Fédération pour que nos lecteurs en profitent au maximum. Il y a du nouveau à l’UCW à l’aube de cette nouvelle saison 2026-2027. Avant tout, un sondage destiné à tout un chacun pour mieux vous comprendre et mieux cerner le public qui assiste aux diverses représentations tout au long de l’année. Il est essentiel de prendre connaissance à la fois qui vous êtes et quelles sont vos attentes. N’hésitez pas à y participer soit ici dans votre revue, sur le site de l’UCW ou dans le lieu de spectacle que vous préférez. Aussi, à partir de 2027, nous proposerons divers ateliers. Pour commencer sur Liège, un atelier d’initiation au théâtre pour les enfants de 6 à 9 ans sera donné tous les lundis de 16h à 18h en collaboration avec La Courte Echelle et le Trianon. En mars 2027, un atelier orienté sur la confiance en soi sera proposé aux participants de plus de 18 ans désireux de mieux se connaître et de prendre confiance en public et sur scène ; sera suivi en mai par un atelier danse pour enfants de 8 à 12 ans. Durant la même période, un atelier intergénérationnel sera proposé par Luc Jaminet. Nous envisageons également de mettre sur pied un atelier de théâtre en wallon, en collaboration avec le CRIWE. Un atelier de « confiance en soi » et d’appropriation de la scène sera également proposé à Charleroi en 2027. La date et le contenu restent à déterminer. Pour plus d’infos n’hésitez pas à consulter notre site, la page FB de l’Union Culturelle Wallonne ou même à nous contacter par mail ou par téléphone. N’oubliez pas de nous soutenir en acquérant votre carte de membre de l’Union Culturelle Wallonne qui vous donnera par ailleurs l’opportunité de recevoir le Cocorico chez vous et de nous aider à poursuivre nos actions. La Rédaction de votre Coco' ÉditoRemerciements : es personnes qui ont déjà acquis la carte de soutien de l’Union Culturelle d GILSON, Renée CHALANT, Mélanie VERSLEGERS, Julia GREGOIRE, Francis ROBANSKA, Marinette DERWAEL, Josiane LHOEST, Nadine HAUBEN, Callea MENE, Aline MONART, Léa HENRY, Simone VANDESSEL, Alphonse BELLASSAI, GERHADS, Chantal DELHALLE, Marie-Josée DUMOULIN, Robert JACQUEMIN, LEVIS, Claude SCHIPERS, Corinne GODEFROID, Josée STASSART, Christian FOSSE, Henriette SELENNE, Nicole CHAIDRON, Joacquim MENENDEZ, Christiane lbert SOLTYSIAK, Jean-Marie BASTIN, Alfred DETRIXH, Madeleine FOIDART, L. ULAIN, Denise BRUHL, Marie THOMAS, Dominique DI-MASCIO, Anna DILENS, Maria LAZZONI, Patricia VERVIER, Angelina LAQUINTANA. membres de l’amicale de Cheratte et au public du 89e GPRA. z l’action de l’Union Culturelle Wallonne et demandez votre carte de membre. outien pour l’année vous nous aiderez dans la réalisation de nos activités et nous otre Trimestriel Cocorico t Soutenez nous ! MÈRCI !
UNION CULTURELLE WALLONNE QUESTIONNAIRE DE RENSEIGNEMENTS / ENQUÊTE DE SATISFACTION Spectacle : Date : Bonjour, afin de mieux cibler vos attentes en matière de spectacles wallons, nous vous proposons de répondre à ce petit questionnaire qui nous permettra de mieux vous connaître et mieux rencontrer vos souhaits. D’abord, pour mieux vous connaître : Vous êtes : Homme Femme Votre adresse mail (facultatif) : Votre tranche d’âge : < 18ans 18-35ans 35-50ans 50-65 ans >65ans Et maintenant quelques questions pratiques : Combien de fois par an assistez-vous à des spectacles en wallon ? fois / an Quel est votre moyen d’information ? : (Affiches, internet, radio, autre ?) Que souhaiteriez-vous améliorer lors de ces spectacles ? Fréquentez-vous d’autres spectacles que ceux en wallon ? (exemples) Quels seraient le jour et l’heure « idéaux » pour assister à une représentation ? Merci pour votre précieuse collaboration ! Sondage
4 Qwand l’Laetare ärè mèye ans (Ce texte a été écrit en 2004, à l’occasion du 500ème anniversaire du Laetare de Stavelot, avec une musique originale de feu le stavelotain Raymond Michal) REFRAIN Qwand l’Laetare årè mèye ans Wice sèrans-gn’, mès p’tits-èfants ? Dj’ènnè so sûr ; nosse coûr sèrè Avou lès Blancs Moussîs, awè !.... A Stav’leû, on vint d’buskinter Lès cinq’cints-ans dèl Laetare. Lu solo èsteût so l’Amblève Qui, come ine pièle, riglatihéve. Lès Blancs Moussîs èstît parés So leû pus bê, po parader ! Cinq’ cints -ans, çou qu’èn ‘atouma So tos lès meûrs, di chal di la, Dès afiches qui s’moquît dèl plêve Surtout dès djins èt du leû dlêve ! Djamåy nolu ènnè mora Di s’fé dismoussî come çoula. So cinq’siékes, çou qu’on—n’a compté Dès djoûs d’måleûrs èt d’neûristé, So lès bwérds di nosse bèle Amblève, Et mågré tot, l’solo riv’néve Chaque fèye qui l’fièsse dèl Laetare Raminéve èspwér èt fîrté. Cinq ‘ cints-ans d’djoyeûs tral’ lalas, Et c’n’èst nin fini, o nôna ! Après nos-ôtes, copleûs d’ l’Amblève , Po fé nos quintes, wice don -irez—v’ ? I na nou risse, dj’ èl sé dèdja : Al Laetare, po fé « oua-oua ». Paul BOLLAND Chanson wallonne
5 Annonces Activités en wallon Copinerèyes : À Visé Animateur responsable : Victor MASSIN victor.massin@gmail.com À Dalhem (Feneur) Animateur responsable : Charles WIELS charles.wiels@hotmail.com Dans les Confréries membres de l’Union du folklore gastronomique de la Province de Liège, la Confrérie des Poires de Saint-Remy(Blegny) a un second nom Wallon : Confrêrèye dès Peûres di Sint-R’Mèy. Elle a récemment intronisé en tant que Peûre Mimbe d’oneûr la Présidente de l’UCW Brigitte Valcke. Paul BOLLAND Envoyez-nous vos articles ! secretariat.ucw@gmail.com Vous aussi, partagez vos activités et autres actualités en lien avec le wallon !
6 Le 30 juin dernier, l’administration communale de Blegny a organisé une méga journée du wallon destinée aux élèves de 3ème 4ème années des écoles communales de l’entité. Près de 200 enfants étaient concernés ! Rassemblés à la caserne de Saive, ils ont vécu des jeux, ateliers, animations… è walon, come di djusse. Ce sont les dynamiques étudiants de 3ème année des cours de wallon du CRIWE qui avaient imaginé et réalisé toutes ces activitiés aussi riches que diverses… C’était une belle opération « wangne-wangne » (*) : Pour eux, une vraie application concrète de leur travail et pour l’organisateur une animation quasi clé sur porte. Une belle journée, utile à la langue et aux enfants, comme on aimerait en vivre plus souvent ! Èt, al copète dè martchî, tot l’ monde s’a bin plêt. (*) Win-win Jacques WARNIER Initiatives
7 Li Tchin.ne dès Walons (13)… dins l’ province di Lîdje (c) En province de Liège, les groupements et les manifestations portant une dénomination wallonne (fin) Des produits portent un nom wallon : des bières comme Li Rècène (racine) (Homerech (allemand local) / Hôbâr / Hombourg), la Tchafornîs (ouvrier travaillant aux fours à chaux > surnom des habitants) (Indji / Engis), la Warème (Warème / Waremme), la Badjawe (bavarde) (Lîdje / Liège) ; des pèkèts : Li pèkèt dè houyeû (mineur) (Grâce-Hologne / Grâce-Hollogne), Li Vî Tchèstê (Âdrimont / Andrimont), l’ Êwe di Moûse, « li Pèkèt dè l’ djôye » (Montegnêye / Montegnée) ; des fromages : Lomegné (Lomegné / Louveigné), le Valèt (Wéme / Waimes), Li p’tit rossê (roux) (Wèrbômont / Werbomont). Des établissements dans l’Horeca : ainsi des cafés comme, Li vî Hèrmale (Hermalle), Aux Sotês (Sottays) (lutins), Å Pilori (Liège), Amon Dinand (Méfe / Meeffe), Amon Nos-Autes (Pèpéstêr / Pépinster), Â vî Stimbièt (Stembert), Å Porê (poireau>surnomdeshabitants)(Tif/Tilff);des restaurants : Å potche-è-foûr (sauterelle < potchî : sauter ; foûr : foin) (Hindelèsse / Xhendelesse), Amon Nos-Autes, Amon Nanèsse, Ås-Oûhês (oiseaux), Tchantchès èt Nanèsse (Liège), À l’ Barake à Frites (Bin.ne / Beyne), Å Vî Djèyî (noyer (arbre)) (Moumåle / Momalle), Le Vinâve (ensemble de maisons autour d’un noyau, formant un quartier séparé) (Solwâstèr / Solwaster). Des magasins : une librairie, À l’ Gazète du Stimbièt (Stembert), une boutique éphémère, Èt Qwè (Vèrvî / Verviers), les magasins d’alimentation biologique, à savoir Li Noû Corti (Coûtwin / Couthuin), Li Corti dès Faws (hêtres) (Louveigné), À l’ Binète (Liège), un magasin de souvenirs, Li Botike di Lîdje, des épiceries, Lu p’tit botike (Stâveleû / Stavelot), Au P’tit Stèrlin (= habitant de Ster, w. Lu Stêr près de Francorchamps), un magasin coopératif, VervîCoop (Verviers), une boulangerie-pâtisserie, Â vî Fornê (Stembert) et un salon de toilettage, Lès p’titès cûrèyes (diablesses) (Hévrumont / Hèvremont). A Malmedy, une résidence est appelée Résidence Mâmedi. Au marché de Noël de Liège, des pancartes portent une inscription wallonne. Au niveau touristique, quelques éléments du patrimoine témoignent de la culture wallonne : à Hêve / Herve, les 6 Fontaines, lès 6 Batchs (bacs), dont lu Batch à Dj’vâs (chevaux) ; les fameux Rondia, Bassinia, Pontia à Hu / Huy et lu Martchand d’ Plokètes (déchets de laine) à Verviers. Le Musée rural de Wène / Wanne et le Musée de la Fourche et de la Vie rurale à Mwèrtî / Mortier possèdent des inscriptions de matériel en wallon. 3 Sur le plan économique
8 En passant, il est regrettable que notre Musée de la Vie Wallonne à Liège ne mentionne quasiment rien dans notre langue. Il suffit de voir la fierté par ex. des Corses dans leur Musée à Bastia (Museu di Bastia) avec des explications dans leur langue et en français. Un panneau didactique existe bien à Tilff (À l’ Êwe, « à l’eau d’Ourthe »), un autre à Theux. On trouve des pancartes à Lognoûl / Lognoul (So lès Cwârês (lieu-dit)), à Trois-Ponts (w. Lu Treûs-Ponts) sur une aire de repos (Aire des Hotelîs (porteurs de hottes)). Des dénominations wallonnes à Brêve / Braives, le Moulin du Stwèrdu, à Modåve / Modave, la grotte Trou À l’Wèsse. Des sentiers de promenade, Li Vôye dè mêsse di scole à Sindrogne / Sendrogne (Sprimont), un parcours santé avec des pancartes not. en wallon pour désigner des arbres à Timistêr / Thimister, le sentier de la Mouhagne (Mehaigne) à Haneut / Hannut, une association, Avâ lès vôyes, qui invite à la découverte du patrimoine des Hautes Fagnes et environs avec un guide. Enfin, à Liège, à même le sol un grand pavé carré indiquant son emplacement au quartier du Carré, Å Cwåré. D’autres indications de ce type fleurissent en ce moment dans cette partie de la ville. Conclusion Répétons-le, si l’on ajoute ces données à celles provenant des autres provinces wallonnes, le bilan s’avère assez impressionnant. Tout ceci mérite d’être englobé dans un ensemble, « one Tchin.ne dès Walons » et d’être promu. Un dernier article consistera cette fois en une vision « verticale » des mailles composant cette chaîne, par activité, présentée jusqu’ici de façon « horizontale », càd. de province en province, et un bilan de toutes les activités relevées généralement en cours, d’autres (étonnamment assez nombreuses !) apparues depuis dans les médias. Johan Viroux
9 Début du mois de février de cette année, la statue, située sur les hauteurs de Cheratte et représentant des personnages de BD de François Walthéry (Jules, Li Vî Bleu et Li ptit bout d’Tchique), a été vandalisée. Suite à cet acte imbécile, les divers comités du village, avec le soutien de la Ville de Visé, ont décidé de réagir rapidement, afin de restaurer cet édifice patrimonial, chère à nos villageois ainsi qu’à tous les amateurs du « 9ème art ». Dans ce cadre, Oufti, les amis de Walthéry, ont réalisé un ex-libris limité à 300 exemplaires signés par François Walthéry, au prix de 10 € afin de participer au financement de cette restauration. Sachant que vous êtes particulièrement attachés à notre patrimoine culturel wallon, et qu’il reste des exemplaires, nous vous proposons d’acquérir un exemplaire de cet ex-libris à la boutique des Amis du Trianon. Pour tous renseignements contactez Alain à la billetterie du Trianon au 0491/46.08.99. Francis Theunissen, Président de l’amicale des Pensionnés de Cheratte. Walthéry
10 Le wallon en musique : William Warnier fait son show Tu as grandi dans une famille très engagée dans la défense et la promotion de la langue wallonne. Quelle influence ta famille a-t-elle eue sur ton parcours ? C'est l'engagement de ma famille dans la défense et la promotion de la langue wallonne qui m'a permis d'avoir eu le parcours que j'ai eu. D'abord, les années de théâtre wallon avec mon père aux Vrais Wallons de Seraing, m'ont permis d'entendre, comprendre, parler et lire le wallon. Plus tard, lorsque je me suis tourné vers la musique et encore aujourd'hui, le passage à l'écriture m'a été possible, là aussi, grâce à l'intervention de mon père, Jacques Warnier, qui trouve la patience de mêler la correction de mes textes à des mini-leçons de grammaire, de conjugaison et d'orthographe. Comme quoi, ma famille continue à influencer mon parcours aujourd'hui ! Que représente pour toi le fait d'avoir gagné le Grand Prix de la Chanson wallonne en 2012 ? Que retires-tu de cette expérience ? Le GPCW 2012 reste pour moi une de mes plus belles expériences. Outre le fait de l'avoir remporté, il s'agissait de mon premier passage dans un studio de télé, à la RTBF qui plus est, pour présenter ma musique, mon univers. Première occasion également de travailler avec des musiciens professionnels. Cela m'a donné une vitrine qui m'a permis de jouer dans de nombreux endroits, de participer à de nombreux projets autres (notamment de travailler avec l’OPRL). Aujourd’hui encore, nombres des concerts que je donne sont possibles grâce à ce passage au GPCW. Comment est né le groupe « Måssîs Djonnes ! » dans lequel tu évolues ? Cela fait longtemps que j'ai envie de travailler sur un projet qui mette en valeur le patrimoine musical wallon liégeois contemporain, celui de Jacques Lefèbvre, d'Elmore D, de Michel Azaïs notamment, celui avec lequel mes oreilles ont grandi. Ce qui a permis de concrétiser cette envie, c'est une demande de la Société de Langue et de Littérature wallonnes. Elle m'avait engagé pour jouer quelques chansons de Nicolas Defrecheux pour le bicentenaire de sa naissance. J'ai réuni quelques musiciens qui ont apprécié l'expérience et, dans la foulée, leur ai proposé de partir sur ce projet de « best of » de la chanson wallonne. Comment définirais-tu votre style musical ? Avec autant de chansons venant d'artistes aux horizons musicaux différents, il est difficile de ranger Interview
11 le groupe dans une catégorie. Cependant, si l'on devait donner une idée générale, je pense que l'on peut dire sans se tromper que nous avons quelques influences du jazz manouche, mais que le projet a des accents plutôt rock. Qu'est-ce qui t'inspire lorsque tu écris une chanson en wallon liégeois ? Les sujets peuvent être très variés, sans thème de prédilection en particulier. J'aime surtout pouvoir raconter des histoires. As-tu été influencé par des artistes wallons ou francophones en particulier ? Du côté des artistes wallons, je rends justement hommage à mes influences avec le projet Måssîs Djonnes ! : Jacques Lefèbvre, Elmore D, Michel Azaïs principalement. Du côté francophone, Cabrel est un incontournable pour moi, mais j'apprécie également les histoires de Brassens ou de Thomas Fersen et les influences musicales de Mano Solo et des Têtes Raides. Vous avez été associés à la célébration des 90 ans des Amis du Musée herstalien, que retires-tu de cette expérience ? Ça a été l'occasion de faire revivre une fois de plus Defrecheux ! Mais plus encore, ça a été un réel plaisir qu'une institution presque centenaire vienne nous chercher pour défendre la langue wallonne lors de leur anniversaire. Pourquoi avoir choisi les chansons de Nicolas Defrecheux ? Comme je le disais, l'expérience Defrecheux est plutôt née avec la demande de la SLLW. Cependant, nous avons choisi certaons morceaux avec une idée de fan service : des morceaux que nous ne pouvions pas ne pas jouer (Lèyîz-m' plorer et L'avez-v' vèyou passer ?). En ce qui concerne Li r'tour å payî, l'intérêt était double. D'abord le texte nous a touché par ses thèmes et son intemporalité. Ensuite le fait que la musique originale soit introuvable nous a permis de rencontrer, d'une certaine manière, Defrecheux, en composant une œuvre originale en nous appuyant sur un texte écrit certainement 150 ans plus tôt. Penses-tu que les réseaux sociaux et internet peuvent contribuer à sauver ou à relancer la langue wallonne ? Je ne sais pas si les réseaux sociaux sauveront ou feront renaître le wallon. En revanche, il ne pourra survivre et exister encore que si les militants du wallon s'emparent de l'outil que sont les réseaux sociaux pour les inonder de wallon. Dans votre collection de morceaux, il existe bien un titre pour lequel tu as une légère préférence. Quel est-il et pour quelle raison ? Si l’on parle de compositions originales, Rock’in’andje reste l'une de mes préférées parce que le morceau marque la première collaboration au niveau chanson wallonne avec mon père. La continuité de ce wallon que nous partagions au théâtre. Dans les reprises, Rita d'Elmore D est une petite pépite que je joue avec un plaisir chaque fois renouvelé. Côté Defrecheux, Li r'tour å payî, pour laquelle nous avons composé la musique.
12 Comment voyez-vous l'avenir dans la diffusion et la transmission de la langue wallonne dans le climat actuel où la culture est mise à mal par de nombreuses coupes budgétaires ? Il m'est difficile d'être concis dans un climat où l'école, les académies, les soins de santé, la culture et tant d'autres domaines qui forment le tissus social et humain, auquel je suis si attaché, sont attaqués de toutes parts... Concernant le wallon (comme le reste), j'essaie de garder une optique positive : il en a vu d'autres et il peut compter sur nombre de militants qui continueront à le faire vivre et à le défendre. Les gouvernements passent... Aimerais-tu ajouter quelque chose que ce soit sur ton actualité, la fête aux langues ou un autre sujet ? Je souhaiterais surtout remercier les deux musicos qui m'accompagnent depuis des années, qui font preuve d'une inventivité toujours renouvelée pour arranger les morceaux que nous jouons et qui n'ont pas hésité une seconde lorsque je leur ai parlé de ce projet wallon. Mèrci Nicolas De Coninck et Lionel Briké ! Notez déjà la date du 9 avril 2027 dans votre agenda : Les Måssis Djonnes se produiront dans le cadre du Festiwal à Jupille. Et pour suivre leur actualité, abonnez-vous à leur page facebook.
13 Hommage à Madame IOB Anna Administratrice au comité des Amis du Théâtre Wallon du Trianon Hasard, destin, il y a des rencontres improbables et qui cependant existent. Il y a quelques années, en novembre, lors de la sortie de la BD en wallon, Astérix amon lès Bèljes, une dame, inconnue pour beaucoup d’entre nous, se présente à la boutique des A.T.W.T. et en achète un exemplaire. Banal me direz-vous ! Pas tellement… en effet, à l’issue du spectacle, elle oublie ledit exemplaire et les membres des A.T.W.T. essayent par tous les moyens de la retrouver. Ce qui, finalement, arriva en février de l’année suivante. Après plusieurs contacts et vu son intérêt flagrant pour notre association, elle est venue rejoindre nos rangs. Il s’agit d’Anna IOB qui malheureusement nous a quittés prématurément au début de l’été. Comme elle l’a dit à de nombreuses reprises lors de sa courte mais fatale maladie : ne me pleurez pas, moi je suis prête, c’est vous qui ne l’êtes pas. Dévouée à toutes les causes qu’elle embrassait en faveur des personnes fragilisées, elle a reporté la même attention à vous tous lors de son trop court passage dans notre comité. Elle vivait la vie à 100 à l’heure et a traversé nos vies tel un ouragan. Nous croyons qu’elle n’a laissé personne indifférent car son empathie et son charisme étaient incroyables. Personnellement, j’ai eu la chance de travailler en binôme avec Anna et je peux vous certifier qu’au Trianon ou lors de nos déplacements aux spectacles de troupes amies, elle arrivait encore à me surprendre. J’ai essayé de respecter au mieux son souhait et de prendre son départ comme une certaine ironie du sort mais je dois vous avouer que si c’est très difficile pour moi, ce l’est aussi pour tous les membres de notre petit comité. Anna restera encore longtemps dans nos pensées dans nos cœurs car, au Trianon ou ailleurs, il y aura toujours une anecdote qui nous reviendra à l’esprit. Je conclurai en disant que parfois un petit achat ordinaire peut mener à une grande aventure humaine. Dany Wérisse Pour les A.T.W.T.
14 L’orthographe Feller+ : ses avantages pour la lecture Dans le Cocorico 1/2026, des suggestions avaient été proposées afin de mieux comprendre le wallon écrit en se basant sur des études scientifiques récentes. Celles-ci constataient que le lecteur ne devait pas être dérouté par l’orthographe au début des mots. D’où l’importance chez nous de conserver à cet endroit autant que possible des lettres similaires au français (et aux autres langues romanes). Et diverses simplifications. Des exemples concrets sous forme de titres divers ont été donnés dans le Cocorico 2/2026. Il reste à présenter de mini-textes dans l’orthographe actuelle et transformés avec le Feller + : Version originale Feller + centre-wallon Lès tièsses pës doûces quë l’ bon vi timps. Tièsses quë n’ veûy’nët qu’ volti. (Jean Guillaume, Tchôtès cindes, T1, SLLW, p.37) Lès tièsses pus doûces qui l’ bon vi timps. Tièsses qui n’ veûyenut qu’ volti. (…) il a-st-aporçû l’ lune å d’ truviès dèl grile dèl finièsse, al copète do meur ; (…) èle chonéve rîre dèl vindjince dal comére qu’ aveut fêt bèrwète. (CW, 2026) (…) il a-st-aporçû l’ lune au d’ truviès dè l’ grile dè l’ finièsse, à l’ copète do meur ; (…) èle chonéve rîre dè l’ vindjince da l’ comére qu’ aveut fêt bèrwète. ouest-wallon Môgrè tout, v’la qu’ nos d’visons avû lès djins dèl comeune (…). Quî vik’ra véra ! Ô pléji dè s’ rinscontrer, ça finira bî-n pa rariver ! (Dominique Heymans, in : Èl Mouchon d’ Aunia) Maugrè tout, v’là qu’ nos d’visons avû lès djins dè l’ comeune (…). Quî vikera véra ! Au pléji dè s’ rinscontrer, ça finira bin pa rariver ! (…) passer s’ tans a conter lès pîds su sès doûts (Marianne Scholinckx, ibid.) (…) passer s’ temps à compter lès pîds su sès doûts wallon
15 Magazine du bilinguisme wallon COC RICO Soutenez l’action de l’Union Culturelle Wallonne afin que votre revue puisse vous accompagner encore longtemps Tous les dons sont les bienvenus A verser sur le compte de l'UCW : BE37 0000 2959 7528 Côp di spale MÈRCI ! est-wallon (…) lès wêdes sont-st-aband’nêyes (…) È vért bouh’nèdje vos n’ djow’trez pus Avou lès brons dj’vès dèl hièdrèsse ... (Marcel Launay, Zûvion, BSLW, T.58, 1924, p.250) lès wêdes sont-st-abandenêyes (…) È vért bouhenèdje vos n’ djowetrez pus Avou lès brons dj’vès dè l’ hièdrèsse ... sud-wallon Dins la rèfèrance, vos p’loz motwa scrîre k’ il è r’moussi foû an 2019. (Michel Francard 02/11/2024) Ki ça vos våye bén ! (Lucien Mahin) Dins la rèfèrence, vos p’loz motwa scrîre qu’ il è r’moussi foû en 2019. Qui ça vos vaye bin ! I lès-avot choûté toute sa djon.nèsse, èt côzé avu lès djins dès viadjes. C’ èst du walon come on l’ côze dins l’ lôdje triangue BèrtrisBouyon-Palijû. (Singuliers, 3, 2025) I lès-avot choûté toute sa djon.nèsse, èt causé avu lès djins dès viadjes. C’ èst du walon come on l’ cause dins l’ laudje triangue Bèrtris-Bouyon-Palijû. Johan VIROUX
16 De l’importance de l’orthographe sur les affiches, les titres de livres, … Coridjans nos fautes d’ ôrtografîye On sait pertinemment que la grande majorité des promoteurs du wallon, du gaumais et du picard n’a pu apprendre l’orthographe de ces langues comme certains, dont l’auteur de cet article, à l’école, dans mon cas à l’école secondaire (option wallon) seulement en 10 heures de cours (tellement le wallon est facile à écrire, contrairement aux idées reçues). Passons en revue quelques affiches, panneaux, … susceptibles d’une amélioration orthographique. Sans prétention donc. « On profite di ç’ qu’ on-z-a apris. » Johan VIROUX
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18 Les Amis du Trianon aident votre théâtre ! Soutenez-les ! Liège a aujourd’hui le seul théâtre officiel où la langue wallonne est chez elle et où l’on peut accueillir les meilleures interprètes en langue régionale. Afin d’encore mieux nous soutenir, adhérez nombreux à notre Association et dès à présent obtenez votre carte de membre des Amis du Trianon. Vosse carte di mambe vos l’polez todi trover a-l’botike dès Amis å tèyåte ou bin vos polez l’payîz po-l’banque, Conte BE20 0689 0666 1956 – A.T.W.T. – 4020 LIEGE N’utilisez jamais ce numéro de compte réserver vos spectacles !! Li cotizåcion c’èst 15 € po l’mons ! A conter d’30 € vos serez mambe d’Oneûr ! A conter d’60 € vos dim’nez mambe Protècteûr ! Div’ni mambe dès ‟Amis dè Trianon”, c’èst fé viquer vosse téyåte ! Avou nos-idèyes ét vosse côp di spale, nos-irans todi pus lon ! Mèrci, pôr, di nos-aspaler, tot div’nant mambes dès-Amis dè Trianon… Èt mèrci dè houkî tos vos camarådes po qu’ i v’nèsse fé hôt avou nos-ôtes… C’ è-st-insi qui vos-årez totes sôrs d’ avantèdjes èt qui vos nos rècorèdj’rez a ovrer todi pus fwért po l’ bon walon. Èt come divins l’tins ! Pour les Amis en ordre de cotisation, il vous sera loisible de bénéficier d’une réduction tarifaire de 3 €uros, aux spectacles annoncés dans l’Infor-Trianon. Cette réduction ne sera accordée que sur présentation de votre carte de membre au comptoir de la boutique des Amis le jour du spectacle. I fåt savu qui çoula n’compète qui lès piéces è walon. Contact : René Massart - +32 475 314 687 - rene.massart@skynet.be Les Amis du Trianon
19 Le Comité Exécutif de l’Association « Les Amis du Théâtre Wallon du Trianon - A.T.W.T. » s’adresse à tous ceux qui aiment le théâtre dialectal liégeois et veulent le promouvoir. Le but essentiel de l’Association est • d’organiser de multiples activités devant servir au maintien de notre scène wallonne. • de sensibiliser et d’amener le public liégeois et de ses environs aux divers spectacles du Trianon. • d’être à l’écoute des desiderata des responsables du théâtre afin de permettre - par une aide, un apport financier – d’améliorer le quotidien des utilisateurs du théâtre et l’accueil des spectateurs. C’est grâce aux cotisations, aux achats à notre boutique ainsi qu’aux diverses activités organisées que notre action est possible. Force est de constater que nous sommes de moins en moins nombreux à investir de notre temps pour notre / votre théâtre. La trêve estivale et l’approche de la nouvelle saison nous a semblé une période adéquate pour lancer un appel à candidature. Le Comité Exécutif est à votre disposition pour vous donner toutes les informations nécessaires, n’hésitez pas à le questionner. Le Comité Exécutif Dany DEMARET (Secrétaire) René MASSART (Trésorier) d.demaret@outlook.com rene.massart@skynet.be +32 496 547 614 +32 475 314 687 A.T.W.T. – Les Amis du Théâtre Wallon du Trianon, tel est le nom du groupe Facebook des Amis du Trianon créé il y a maintenant 3 ans. Son but principal : durant l’entièreté de la saison, vous faire découvrir tout ce qui se passe dans votre théâtre au niveau des spectacles, de manière différente et également, bien entendu, vous montrer toutes les nouveautés que vous pourrez découvrir dans la boutique des Amis. Rendez une petite visite à ce groupe et n’hésitez pas à en devenir membre ! C’est entièrement gratuit et vous ne le regretterez pas !
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21 Faites-nous découvrir toutes les troupes de votre région qui se produisent en wallon ! Aidez-nous à établir un relevé de l'ensemble des troupes de Wallonie. Et bien sûr continuez de publier vos spectacles sur le site de l'UCW : www.ucwallon.be Communiquez-nous vos infos par e-mail à secretariat.ucw@gmail.com Merci pour votre précieuse collaboration !
22 Langues d'Oïl : Une pétition en ligne pour sensibiliser à la langue de nos territoires ! Le réseau des langues d’oïl initie une dynamique nationale - ouverte à tous ! - pour la transmission des langues territoriales, avec un événement au Mans le 13 novembre sur la transmission des parlers locaux et une proposition «Sensibiliser tous les enfants au parler de leur territoire». Manifestez via le lien ci-après à diffuser, à commenter et à signer, à votre convenance. >> https://www.openpetition.de/flkzn... Reconnaître les cultures locales et promouvoir les sensibilités, pour contribuer à la diversité du Monde ! Les associations Heulâ et Défense et Promotion des Langues d’Oïl organisent le 13 novembre prochain à l’Université du Mans une journée nationale sur la transmission des langues dites régionales. L’objectif est de faire résonner la voix de nos langues dans le maximum d’oreilles, d’en faire sentir l’importance et, surtout, d’envisager des solutions pour leur transmission. Actuellement, nous avons le choix entre l’apprentissage intégral de la langue, pratiqué (pour une partie des enfants) dans quelques régions : Pays basque, Bretagne, Occitanie, etc., et l’ignorance majoritaire, qui s’impose partout ailleurs. Le comité d’organisation de cette journée souhaite donc établir une règle nouvelle, complémentaire, fondamentale, un principe de base : celui de sensibiliser les personnes − notamment tous les enfants − à la langue de leur territoire ; par une mise en contact, une rencontre, par exemple au cours de la scolarité, et la possibilité d’y revenir. Si cet objectif a-partisan est partagé, si une demande sociale continue de se développer − ce que nous observons désormais y compris chez nombre de « néo-ruraux » − et qu’elle trouve un écho favorable, si les administrations, les personnels éducatifs et les parents sont sensibilisés, alors nos langues pourront contribuer à l’épanouissement de chacune et de chacun, et à leur intégration dans des territoires et des sociétés enrichies de ces particularités. Chez nos voisins
23 Raison En France, la question des langues locales, vernaculaires, est aujourd’hui d’autant plus audible que ces dernières le sont moins. Cette réalité est notamment sensible dans les territoires des langues d’oïl, reconnues plus tardivement comme langues dites régionales que leurs voisines de Bretagne, d’Alsace, du Pays Basque ou d’Outre-Mer. De nombreuses personnes habitant ou visitant nos territoires peuvent désormais en ignorer les particularités, les mots, les expressions, les histoires et les légendes, les accents, l’existence même. Défendre et transmettre nos langues et les imaginaires qui leur sont liés, c’est affirmer que la sauvegarde de la diversité sous toutes ses formes est une urgence démocratique et vitale face à l’uniformisation du Monde. C’est aussi affirmer que ces langues sont une source de développement et d’épanouissement humain pour chacune et chacun, et un moyen d’éveiller la sensibilité au territoire local, qu’importe la focale de cette localité. Cette sensibilité est d’autant plus nécessaire que nous devons aujourd’hui préserver les richesses naturelles, la biodiversité, les paysages, ... au moment même où les modes de vie, les écrans, les fractures sociales, etc., érodent nos capacités d’attention et de lien : le territoire n’est-il pas la bonne maille pour réagir ? Notre parler, dans les mots de Jean-Loup Trassard, c’est «le son de la terre», «la musique du paysage» : c’est un patrimoine à la fois riche et modelable, que l’on doit conserver et renouveler, c’est-à-dire transmettre. Merci infiniment pour votre soutien, DPLO, Saint-Lô
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