Magazine du bilinguisme wallon COC RICO n°75 - Décembre 2025 Envoyez-nous vos articles ! secretariat.ucw@gmail.com Editeur responsable : Union Culturelle Wallonne Siège Social et rédaction : 20 Rue Surlet, 4020 LIEGE 04/342 69 97 - secretariat.ucw@gmail.com - www.ucwallon.be Numéro d’entreprise : 478.033.816 Mise en page : Nathalie Valkenborgh - www.natnouch.be Comité de rédaction : Michel HALLET Bernard LOUIS Christian ROBINET Johan VIROUX Jacques WARNIER Journal trimestriel réalisé avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région Wallonne. Avec le soutien du Conseil des langues régionales endogènes. Bone annêye 2026 ! Image générée avec l'aide de l'intelligence artificielle
2 Le 32ème Festival de théâtre wallon à Ciney Il s'est déroulé du mardi 18 au samedi 22 novembre au Centre culturel. Cinq représentations ont eu lieu. Quatre troupes concouraient pour le Prix du public, décerné suite au résultat du vote des abonné(e)s à la semaine. Le mardi 18, Li Bwèsse à tèyâte qui regroupe des comédiens de la région de Charleroi, joua « Cinq feumes su l' dos ». Le mercredi 19, le Cercle Saint-Pierre de Biesmerée représenta « Tchèsse en Enfièr », l'histoire de Germaine et Victor, responsables de chambre d'hôtes au cœur des Ardennes. Le jeudi 20, l'Union Warnantaise (Anhée), centenaire depuis 2023, joua « Ç' n'èst nin l' momint » pièce écrite et mise en scène par Christian Carly, lequel faisait aussi partie de la distribution. Le vendredi 21, le concours se clôtura avec la représentation de « L'Èdjalé », adaptation de « Hibernatus » de Jean-Bernard Luc, par Les Échos de Naninne. Le samedi 22 fut consacré à la représentation de gala, offerte par les vainqueurs de la dernière édition, en l'occurrence L'Essor de Somme-Leuze, qui fit vivre au public les malheurs d'une maison de repos secouée par l'annonce de restrictions budgétaires gouvernementales. Le vendredi soir, 168 votant(e)s avaient déposé dans l'urne leur bulletin de vote comprenant une cote sur 10 pour chacune des dramatiques en concours. Le résultat fut extrêmement serré : vainqueurs, les comédiens de Li Bwèsse à tèyâte avec 8,956 sur 10, devant les Échos de Naninne qui obtenaient 8,892. Bravo à toutes et à tous. Le 33ème Festival se tiendra du 17 au 21 novembre 2026. BL Les gagnants en compagnie de Valérie Bodart, directrice du Centre culturel
3 "Quelle triste nouvelle. Jeannine Hansenne nous a quittés cette nuit. L'UNION CULTURELLE WALLONNE et ses stages enfants/ados sont en deuil. En plus d’être une personne ressource dans le paysage du théâtre wallon, Jeannine avait une personnalité incroyable : profondément gentille, charismatique, drôle, bonne vivante, festive, sans jamais se prendre au sérieux… et éternellement, indéfectiblement amoureuse de Léon. Que de souvenirs heureux lors de chaque session de stage ! Mes pensées les plus douces s’envolent vers Léon Hansenne, sa famille et ses amis." Luc Jaminet Photo : Christian Gilles À l'heure de boucler ce numéro, nous apprenons le décès de Madame Jeannine Hansenne, le 7 janvier 2026. Un hommage lui sera consacré dans notre prochaine édition. La rédaction Biesmerée Naninne Warnant Bwèsse a tèyâte
4 Li Tchin.ne dès Walons … dins l’ province di Lîdje (10) En province de Liège, les groupements, manifestations portant une dénomination wallonne Au 19e siècle fut fondée la Société Liégeoise de Littérature Wallonne. Elle s’appelle à présent Société de Langue et de Littérature Wallonnes et continue de publier des ouvrages magistraux concernant désormais toute la partie romane du pays. Deux autres associations, littéraires, couvrent le domaine liégeois : le Rwèyål Cåvå Lîdjwès et La Wallonne . Des prix de littérature sont décernés régulièrement dans la province comme le Prix Mireille et Pierrot Habets à Blégny (Blègné) et celui de la ville de Liège (Lîdje). Des monuments et des plaques commémoratives rappellent l’existence d’auteurs et/ou de linguistes : Marcel Launay1 (Burnontige / Burnontîdje), Henri Simon (Lincé), Félix Chaumont, Nicolas Defrecheux, Henri Forir, Guillaume Delarge (Herstal / Hèsta), Edouard Remouchamps, Jean-Denys Boussart, de nouveau Nicolas Defrecheux (Liège), Robert Boxus (Moha / Mouhå), Jean Haust (Verviers / Vèrvî), Joseph Durbuy (Vaux-et-Borset / Vâ-Borsèt). A Malmedy2 (Mâmedi ou Mâmedî), une épitaphe en wallon d’Henri Bragard figure sur le monument aux victimes des deux dernières guerres. Une autre de Nicolas Trokart sur le mur de l’église de Vottem3 (Votèm ou Voteum). Une place porte le nom de l’écrivain Marcel Hicter à Momalle (Moumåle). En plein centre de Clavier (Clavîr), un panneau didactique présente un texte littéraire de Louis Renard, Rik’nohance (reconnaissance)4. 1 2 1 Sur le plan culturel
5 Dans le domaine théâtral le Trianon (Liège) est LA salle de spectacle où joue notamment une troupe professionnelle wallonne. Chaque année, au printemps, la compagnie lauréate du prestigieux Grand Prix du Roi Albert (GPRA), un concours interprovincial, y effectue une représentation devant un public de connaisseurs. Parmi les dizaines d’autres troupes, certaines portent un nom wallon : • Li qwètrin.me ake (le 4e acte) (Bois-et-Borsu / Bwès-Borsû ), • Lès Djoyeûs Montwès (Mont - Dison / Dîson), • Lès Plaîhants Amis (Héron), • Dè Pôce à l’ Orèye (Remicourt / Rémicoût), • Lès Djoyeûs Scolîs (Modave / Modåve), • Lès Cis d’ Okîr (Ocquier), • Lès Djoyeûs Lurons (Trooz / Lu Trau), • Lès Rôbaleûs (Slins / Slin), • deux troupes de marionnettes : • À l’ vîle Rouwale dè Cok (à la vieille ruelle du coq) (Saint-Nicolas / Sint-Nicolêy), • Li Tèyåte dè l’ Clignète (Liège). Un tournoi d’art dramatique est organisé annuellement à travers la province. A Visé (Vîsé), on peut assister au Festival Marcelle Martin (ancienne autrice et comédienne). Divers artistes ont à cœur de chanter en wallon, comme Michel Azaïs, Michel Belly, Guy Cabay, William Warnier. Des groupes de danses traditionnelles sillonnent nos régions, comme • Lès Djoyeûs Potcheûs (Angleur / Angleûr), • Foû d’ vos sokètes (hors de vos ‘chaussettes’ ; ‘fé one sokète’ signifie aussi ‘faire un somme’ > réveillez-vous) (Malmedy), • Lès Tådrous (litt. ‘retardataires’, un clin d'œil à un de ses membres fondateurs) (Theux / Teû). 3 4
6 Les fêtes suivant le calendrier religieux A Sougné (Soûgné) et à Malmedy, lu Hèye dès Rwas5 (la quête des Rois (Mages)) a lieu vers le 6 janvier, jour de l’Epiphanie (djoû dès Rwès). Lès-èfants vont hèyî (quêter) en chantant en wallon. (Nous reviendrons plus tard sur la période carnavalesque.) En avril, lors de la cavalcade de Herve (Hêve), le tir aux cambes (logiquement avec -bes, mot picard (début en c-) entré dans le wallon (qui utilise généralement ‘tchambe’), pour désigner des ‘chambres’ de poudre qu’on fait exploser à l’occasion de certaines fêtes) attire beaucoup de monde. Pâques est l’occasion de déguster des cocognes (œufs de Pâques) dans la région liégeoise. Mai compte deux manifestations avec un caractère wallon. Tout d’abord, lu Nut’ du May (la nuit de mai), un chant d’amour composé au 19e siècle, chanté dans la rue lors de la nuit du 30 avril au 1er mai à Malmedy par un groupe d’hommes. Depuis peu, cette aubade est aussi reprise par lès Bâcèles do l’ Nut’ di May (les filles de la nuit), le pendant féminin. Ensuite, à Herve, la porcèssion dè l’ Cinqwème (procession de la ‘cinquième’ – ‘Porcèchon dè l’ Céqwème’), peut-être à rapprocher du grec pentêkostê, signifiant « cinquantième »). En automne, à Malmedy, la tradition du tribolèdje (sonnerie de cloches) se déroule le dimanche le plus proche du 10 octobre, à l’occasion de la St-Gédéon. Quelques personnes montent dans le clocher de la cathédrale avant la messe. Une fois celle-ci terminée, elles tirent les battants contre les cloches et elles jouent un air intitulé lu tribolèdje do l’ dicâce (la sonnerie de la kermesse) commençant par « Bing èt bong à sint Djèrion… ». Lors de la Sint-Houbêrt (Saint-Hubert), (le 3 novembre), une messe en wallon est célébrée à My (Mî / Ferrières – Fèrîre). A l’occasion de la SintMârtin (le 11 nov.), des cortèges se terminent en général par des èveûyes (feux de joie) à Géromont (Djérômont), Chôdes (Tchôde), Xhoffraix (Hofrê), Malmedy, Bellevaux (Bèle-Vâ), Burnenville (Lu Burninvèye), Ligneuville (Lègnoûvèye), Waimes (Wéme). En décembre, le Bètlèyèm (Bethléem verviétois) comprend des dialogues en wallon. Une Sîze du Noyé a lieu à Malmedy. Au cours de l’année, des messes en wallon sont célébrées à Anthisnes (Antène), Bolland (Bolan), Herstal, à Terwagne (Tèrwègne) et Wanze (Wonse). (à suivre) Johan Viroux 5
7 Mercredi 01/12/2025 Date limite pour l’expédition, au secrétariat général, de la demande d’inscription accompagnée de tous les documents et des 3 (trois) brochures de la pièce. Du vendredi 01/08/2025 au dimanche 19/04/2026 89ème GPRA Samedi 25/04/2026 Réunion du Délégué au G.P.R.A., du Président, du Secrétaire général, du jury et des troupes participantes. Le festival de clôture aura lieu le samedi 30 MAI 2026 à 17h30 au théâtre le Trianon à Liège et s'inscrira dans la journée dédiée aux Fêtes aux langues régionales Calendrier 2025-2026 GRAND PRIX DU ROI ALBERT Ier 89ème SESSION
8 Bin vite å tèyåte ! Vous organisez un évènement en wallon ? Déposez votre annonce sur le site www.ucwallon.be
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11 Le site de l’UCW évolue www.ucwallon.be Nous avons adapté le site l’année dernière afin de le rendre plus interactif. Les modifications les plus importantes apportées sont : - la mise en place des diaporamas relatifs aux activités dans les différentes provinces. - la possibilité pour chacun de déposer directement l’affiche de la prochaine activité. Un des administrateurs du site devra la valider pour qu’elle apparaisse dans le diaporama. L’objectif est de publier des activités uniquement en langue wallonne et éviter les redondances. - Un onglet « Questions fréquentes » a été créé afin de rassembler les réponses aux questions posées régulièrement. Si vous souhaitez alimenter cette rubrique, contacter le secrétariat, il fera suivre votre demande. Ultérieument, nous mettrons en place un formulaire afin d’interagir plus rapidement. Nous vous invitons donc à collaborer afin d’augmenter la visibilité des activités wallonnes et mettre en évidence le dynamisme de nos langues endogènes. Sans votre collaboration nous ne pouvons pas atteindre cet objectif majeur. Aujourd’hui les tablettes et les smartphone sont devenus des compagnons indispensables. Il était donc normal que notre site s’adapte à ces outils. Notre soucis a été de garder une approche simple du site afin de permettre à tout un chacun de naviguer facilement au seins de nos différentes rubriques. Sur tablette vous retrouverez : en mode paysage la disposition sur pc en mode portrait la disposition sur smartphone Le site de l'UCW évolue www.ucwallon.be
12 Quelques exemples d’écrans sur smartphone un bouton « Accueil « vous permet de revenir sur la page d’accueil et retrouver ainsi le menu principal du site Quelques exemples d'écrans sur smartphone
13 IN MEMORIAM NICOLE GOFFART Triste début d’année, et triste nouvelle : Madame Nicole GOFFART nous a quittés ce 7 janvier. Avec elle, le théâtre wallon perd une de ses plus grandes autrices. Pendant des années, elle nous a régalé de grandes comédies de caractères d’un très haut niveau. La Fédération culturelle wallonne et le Trianon perdent une de leurs amies les plus fidèles, une de leurs spectatrices les plus assidues et une de leurs plus ardentes défenseuses. Madame Goffart se battit de tout son cœur et de toutes ses forces pou la Wallonie, pour le Wallon, sa culture, sa langue, sa littérature et son théâtre, pour la fierté wallonne. Elle défendit avec force, parfois avec âpreté, toujours avec la plus grande exigence le grand théâtre wallon et ses meilleures pièces. Elle plaida toujours pour un théâtre exigeant et de qualité, servi par les meilleurs metteurs en scène et les meilleurs comédiens. Par respect du public, elle a toujours voulu qu’on lui offre le plus grand et le plus beau spectacle. Je dois à Madame Goffart, le plus beau et le plus grand souvenir de ma (très !) brève carrière d’acteur wallon : le rôle de Bèbert dans sa pièce « Li steûle dè berdjî ». Avec ce personnage, Madame Goffart offre à ce théâtre wallon un nouveau héros d’une grande richesse et d’une grande rareté. Alors que les handicapés sont plutôt objet de moquerie et de commisération au théâtre, Madame Goffart nous dresse le portrait d’un homme merveilleux, resté enfant, mais autonome, qui sait se débrouiller seul et s’acquitte parfaitement des tâches qui lui sont confiées. Il a de la répartie et parfois des réflexions d’une étonnante profondeur guidées par son immense amour des habitants de la maison. Tous les rôles de cette pièce, comme dans toutes les œuvres de Madame Goffart, sont composés avec justesse et une observation très fine. C’est une leçon d’amour vrai, et de véritable solidarité authentique, plutôt rare dans le monde actuel. J’ai eu la chance de rencontrer Madame Goffart au cours d’un dîner en famille chez ma sœur Camille, et je garde un souvenir très ému de ces quelques moments passés avec elle. Madame Goffart était devenue comme une amie, et je n’oublierai jamais non plus les moments passés ensemble pendant les entractes du Trianon, où elle venait voir les pièces et le répertoire qui lui tenaient à cœur. Elle s’était éloignée et se faisait rare, pour d’impérieuses raisons familiales. Elle nous laisse quelques délicieuses comédies, et nous a fait cadeau d’une dernière pièce, « L’étrindjîr », qui attend toujours d’être jouée et interprétée. Le thème retenu me paraît d’une actualité brûlante en ces temps de tyrannie triomphante où les pires propagandes racistes et xénophobes, où les pires politiques anti-immigration s’étalent avec la plus totale impudeur. Tout directeur de théâtre, tout metteur en scène, et tout comédien trouvera dans la vie de Madame Goffart de très grands textes et de très grands rôles, qui combleront tout amateur de théâtre de qualité. Tout auteur y trouvera une authentique source d’inspiration, et des thèmes renouvelés ou rarement, sinon jamais auparavant traités. Une lecture attentive de ses textes comblera tout lecteur amateur de wallon et de théâtre. Nous regrettons et nous déplorons la perte d’une très grande autrice et d’une très grande dame. Pour la Fédération Culturelle Wallonne, J-M NICOLAS, bibliothécaire
14 STAGE DE THEÂTRE 2025 POUR JEUNES ET ADOS C’est du 26 au 28 octobre que l’Union Culturelle Wallonne a organisé son 24ème stage de théâtre pour jeunes et ados au relais Verlaine à Vierves s/Viroin. Des stagiaires super-motivés, des formateurs pleins d’innovations , un thème bien choisi, des accompagnants au service du groupe : que fallait-il de plus pour que cette édition du stage soit une belle réussite. Sur le thème « des insectes », le spectacle présenté en fin de stage au titre évocateur : Le Voyage des Fourmis a ravi les parents et les représentants de l’UCW présents. Chacun s’est demandé comment présenter un tel spectacle en trois jours de stage et tous ont déjà décidé de revenir en 2026 pour, en plus, fêter le 25ème anniversaire. En ce qui concerne ce 25ème anniversaire, les responsables ont décidé de se mettre très vite au travail pour en faire une véritable fête, une image de notre théâtre wallon. L’Union Culturelle Wallonne peut être fière de cette organisation. Elle remercie les formateurs Luc Jaminet, Alain Masquelier et Pascal Héringer, les moniteurs qui ont préparé la veillée et les accompagnants. Nous remercions aussi la qualité et la gentillesse de l’accueil que les membres du Relais Verlaine réservent à notre groupe chaque année.
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17 Magazine du bilinguisme wallon COC RICO Soutenez l’action de l’Union Culturelle Wallonne afin que votre revue puisse vous accompagner encore longtemps MERCI ! Tous les dons sont les bienvenus A verser sur le compte de l'UCW : BE37 0000 2959 7528 Côp di spale
18 Express 41 1/XII/2025 Apart. 92 E-33080 Uviéu/Oviedo alcemaidlcm@hotmail.com Compte-rendu du conseil d'administration Marseille le 8-11-2025 Présents : Pierrette Berengier, Maria Ángeles Ciprés-Palacin, Gilles Désécot, Roberto González-Quevedo, Fancho Nagore, Philippe Reig, Eva Zwiter. Le président Roberto GonzálezQuevedo ouvre la séance par le mot du président (texte en annexe) La secrétaire générale Pierrette Berengier donne un compte-rendu d’activité (texte en annexe) Le trésorier Gilles Désécot lit le compte-rendu financier (résumé en annexe) Les trois sont acceptés à l’unanimité. Rapport du secrétaire territorial pour la France Philippe Reig (texte en annexe). Rapport de la secrétaire territoriale pour l’Espagne Maria Ángeles CiprèsPalacin (texte en annexe). Rapport de la vice-présidente Eva Zwiter pour le secrétaire territorial pour l’Autriche (démissionnaire) (texte en annexe). Organisation du congrès : Le XXVIIIe congrès aura lieu à Oviedo/Uviéu, les 24 et 25 Juillet 2026 et aura pour titre : En avant pour nos langues ! La journée du vendredi sera une journée revendicatrice avec une conférence d’ouverture et la présentation publique de différentes situations sous forme de tables.. Le samedi sera plus littéraire avec un colloque sur La création littéraire actuelle en langues menacées : Pourquoi ? Comment ? Le colloque sera suivi de l’assemblée générale de l’Alcem. Le conseil a voté à l’unanimité une aide pour l’organisation du congrès. Le conseil d’administration a adopté le nouvel article 6 du Règlement Intérieur : Art. 6 – Les résolutions présentées à l’assemblée générale devront avoir été préalablement adressées au bureau afin qu’il vérifie leur cohérence avec les principes de l’ALCEM pour éviter d’éventuelles contradictions. (Comme nos statuts ne prévoient nulle part la validation du règlement intérieur par l'assemblée générale, son approbation relève de la compétence du conseil d'administration. Cet article 6 doit donc pouvoir être appliqué lors du prochain congrès à Oviedo). La séance est levée à 17h30. Pierrette Berengier Secrétaire générale International
19 2 The 28th ALCEM congress will be held in Uviéu/Oviedo (Spain) from July 24 to 26, 2026 Mot du Président Bonjour à tous les membres du conseil d'administration de notre association. Je suis heureux de vous retrouver à nouveau dans la ville de Marseille pour tenir cette rencontre qui doit marquer l'avenir immédiat de l'association. Notre association a réalisé ces derniers mois les tâches que nos congrès nous ont confiées. L'ALCEM, notre association, bénéficie aujourd'hui d'une situation administrative, bureaucratique et financière consolidée, ce qui n'a pas toujours été le cas. À cet égard, je tiens à souligner le travail de notre secrétaire générale et de notre trésorier. Forts de cette stabilité, lors des récents congrès, réunions et discussions, nous nous sommes attachés, d'une part, à attirer les jeunes générations et, d'autre part, à intégrer les représentants des minorités linguistiques européennes qui ne sont pas encore membres de notre association. J'ai tenté de mener à bien ce travail, mais je dois admettre que les résultats obtenus ne sont pas pleinement satisfaisants. D'une part, je constate que les jeunes générations ont une vision différente de celle que nous avons des associations de défense des langues menacées. Notre méthode de travail, à laquelle je suis très attaché, consiste à réunir les délégués dans différentes villes pour exprimer nos revendications. Mais j'ai l'impression que les jeunes perçoivent différemment le fonctionnement des groupes de défense des langues. Nous pourrons en discuter lors de cette réunion du conseil d'administration. Concernant la participation d'un plus grand nombre de représentants des minorités, obtenir des résultats satisfaisants n'est pas chose aisée. Nous espérons que des représentants belges seront de retour au congrès d'Oviedo/Uviéu, et je m'efforce d'y attirer davantage de participants d'autres régions. Nous devrons également aborder ce point lors de cette réunion du conseil d'administration. Nous devons tout mettre en œuvre pour que le prochain congrès redynamise au maximum notre association. Poursuivons donc notre travail en tant que conseil d'administration en vue du prochain congrès de l'été 2026, qui sera une bonne occasion de continuer à donner de la force à notre organisation et d'atteindre ses objectifs fondamentaux. Nous avons pleinement confiance dans l'organisation du prochain congrès. Travaillons maintenant à définir les aspects de ce congrès, ainsi qu'à développer les autres points de l'ordre du jour que nous a proposé notre secrétaire générale. Bonjour et merci beaucoup. Roberto González-Quevedo, Président Marseille, ALCEM, C. d’Administration. 8.XI.2025. 09:30 h. The 28th ALCEM congress will be held in Uviéu/Oviedo (Spain) from July 24 to 26, 2026 Compte-rendu d’activité En commençant, je voudrais rappeler la mémoire d’Eugène Galère de l’UCW qui a très longtemps participé aux travaux et aux congrès de l’AIDLCM puis de l’ALCEM. Le bulletin Cocorico de l’UCW vient de nous apprendre son décès. Depuis le congrès d’Arles l’activité a été consacrée surtout à l’édition des Actes et nous devons remercier Gilles Désécot qui s’est chargé de la plus grosse partie du travail. Le bulletin Express, a paru régulièrement grâce
20 3 à notre président qui se charge de la totalité du travail. En dehors de cela l’activité a été surtout celle de notre président qui a la charge de l’organisation matérielle du futur congrès d’Oviedo. Bien sûr les membres delL’ALCEM ne restent pas inactifs et chacun dans sa région œuvre en permanence. Cependant on peut regretter de ne pas avoir plus de liens, de compte-rendus et d’informations. Certains de nos membres sont totalement muets… et nous ne savons même pas si l’Alcem les intéresse toujours. Une bonne nouvelle quand même : après plusieurs courriers, la secrétaire de l’UCW a fini par répondre très gentiment et nous annonce qu’il y aura sans doute deux représentants wallons à Oviedo. Nous sommes plus inquiets pour l’association slovène, pilier historique de notre association depuis sa fondation, mais Eva nous en dira sans doute plus cet après-midi. Il faut ajouter qu’en France, le secrétaire territorial, Philippe Reig, participe pour le Félibrige à toutes les réunions de « Ensemble pour nos langues » et à ce titre l’ALCEM est tenue peut nouer des relations. Pierrette Berengier 7 novembre 2025 COMPTES DE l’ALCEM à la date du 8 novembre 2025 (Résumé) À ce jour, les comptes d'ALCEM sont entièrement positifs et nous disposons d'un excédent qui nous sera utile pour l'avenir. Les Actes du Congrès d’Arles ont été publiés. J’ai déposé un exemplaire à la BNF, envoyé un exemplaire par la poste à M. Serguier et à un autre à Paul Lefin. Tous les intervenants ont reçu un exemplaire. Nous en avons vendu quelques Actes. Je suis à votre disposition pour toute question concernant la comptabilité de l’ALCEM. Gille Désécot, Trésorier 07 novembre 2025 RAPPORT SUR LA SITUATION DES LANGUES MINORITAIRES / MENACÉES EN ESPAGNE L’ASTURIEN La langue asturienne continue d’être une langue non cooficielle, car le nombre de députés au Parlement des Asturies n’est pas suffisant pour approuver sa cooficialité (une majorité des trois cinquièmes du total des votes du Parlement est nécessaire). L’enseignement de la matière langue asturienne est proposé dans tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire, mais il s’agit d’une matière facultative pour les élèves. Seule la coofficialité de la langue asturienne permettrait d’atteindre une situation réellement satisfaisante en ce qui concerne son enseignement. Les résultats obtenus à l’issue du parcours scolaire en asturien n’ont pas été remarquables : les élèves connaissent la langue, mais ils n’arrivent pas à la parler couramment. La nouveauté, en 2025, a été l’introduction de cours d’asturien dans l’éducation infantile (0-3 ans). L’acceptation de la présence de la langue asturienne dans la société reste globalement positive. L’ARAGONAIS Un événement qui aurait pu être majeur pour l’aragonais, à savoir la création de l’Académie Aragonaise de la Langue, c’est avéré être une contrainte sévère pour le développement de la présence de cette langue dans la communauté d’Aragon. La raison en est simple : grâce à une majorité de voix (six contre 3) au sein de l’Institut de l’aragonais, organe interne de l’Académie, il a été possible d’approuver une graphie, jusqu'alors inconnue, très éloignée de la réalité linguistique de l’aragonais, non seulement de ses réalisations historiques, mais aussi des usages écrits consolidés depuis l’homologation de la graphie de la langue aragonaise en 1987 (utilisée provisoirement depuis 1974). Près de cinquante années de travaux et de publications en aragonais, fondés sur des normes graphiques propres à un aragonais commun et respectueuses des variantes linguistiques, sont
21 4 désormais menacées par l’imposition de cette nouvelle orthographe. Celle-ci ne repose sur aucun fondement linguistique scientifique ni sur une validation par la production littéraire ou par les rencontres scientifiques tenues depuis cette date. Cette situation compromet gravement les progrès nécessaires à la survie de la langue aragonaise en tant que langue minoritaire. L’avenir de la langue aragonaise demeure incertain, car le gouvernement a supprimé la Direction Générale de Politique Linguistique d’Aragon et il a éliminé toutes les aides qui avaient été approuvées pour l’aragonais et pour le catalan. D’une façon générale, on peut considérer que les divers gouvernements ne manifestent pas une volonté de favoriser le développement de la langue aragonaise comme langue co-officielle. Pour ce qui est de l’enseignement, la langue aragonaise ne fait partie d’aucun niveau du cursus scolaire ; elle constitue une matière facultative, proposée parmi d’autres activités extrascolaires. Les résultats obtenus par les élèves ne leur permettent pas de parler en aragonais ; en outre cette matière n’est pas notée et ne bénéficie pas d’un apprentissage continu tout au long de l’enseignement primaire ni secondaire. La seule nouveauté qui pourrait être considérée comme positive, réside dans le fait que, face à l’absence de financement du gouvernement régional actuel pour les activités liées à la langue aragonaise, le gouvernement central, par l’intermédiaire du ministre de la culture, a accordé une aide de 50 000 euros à répartir entre l’Académie Aragonaise de la Langue et la Députation Provinciale de Saragosse. Ángeles Ciprés-Palacín Sécretaire territoriale pour Espagne (ALCEM) Marseille, le 7 novembre 2025 INFORMATION SUR LA FRANCE Pour ce qui est de l’enseignement des langues régionales dans les établissements de la République, la situation n’est pas encourageante dans la mesure ou l’enseignement en immersion n’est toujours pas permis. Depuis la réforme Blanquer en 2021 pour le baccalauréat, la réforme des collèges qui a suivi sur les groupes de travail, le manque d’écoles primaires bilingues, le manque de formation et de supports pédagogiques, les langues régionales assistent, quasi impuissante à la baisse des effectifs dans les rangs des élèves. Ajoutons que le manque de passerelles entre les cycles d’enseignement pimaire➔ Secondaire ➔ Supérieur. En Provence, il n’est plus possible de suivre un parcours licence, master, doctorat. Ailleurs, il reste Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Jusqu’à quand ? Alors, nous avions un grand espoir de voir la situation se déverrouiller avec la loi du 21 mai 2021, dite loi Molac, du nom du député breton Paul Molac qui l’a rédigée. Nous nous sommes réjouis trop tôt. En effet, il se trouve que cette loi censée permettre la protection patrimoniale et la promotion des langues dites régionales et l’enseignement immersif est inapplicable du fait de son interprétation par le gouvernement français qui y voit un aspect anticonstitutionnel. La pierre d’achoppement, c’est l’article 2 de la Constitution, rédigé en 1992 qui précise : « Le français est la langue de la République ». Le but de cette affirmation était de faire barrage à l’anglais. Quelle hypocrisie quand on sait que l’anglais continue à polluer la langue nationale. Par-contre, cet article fait barrage aux langues régionales et autochtones en France et y compris dans les territoires d’outre-mer. On ne parle même plus de l’article 75-1 qui dit : « Les langues régionales font partie du patrimoine de la France » qui sonne comme un faire-part mortuaire mais ne garantit en aucune façon le soutien officiel à ces langues. Nous comprenons donc que le premier combat, c’est tenter d’échapper à la verticalité du pouvoir du Président de la République et se tourner vers plus d’horizontabilité, c’est-à-dire de démocratie. Le Conseil européen a plusieurs fois avisé notre Président, que le caractère hors
22 5 la loi de la France laisse indifférent. Cependant, des directions de travail existent, avec notamment : Rédiger une loi, une autre, sur le conseil de Paul Molac. S’emparer du texte du sénateur pyrénéen Max Brisson. Ce texte co-écrit avec la sénatrice PS-Écologie de Loire atlantique, Carole Daniel est une source d’idées. Nécessité d’une convention entre État et Collectivité. Sécuriser l’enseignement immersif etv assurer la formation des Professeurs. S’inspirer du projet de loi constitutionnelle relatif à la Corse (voir en fin de document). Il ne faut pas douter que les verrous seront mis là où il faut. Peut-être faut-il changer de paradigme en mettant en évidence que la question des langues réfionales ne remet pas en question la forme unitaire de l’État français, mais les droits fondamentaux. Travailler sur les différences entre régions. Par exemple, sur le fait que les professeurs des écoles manquent de formation, alors qu’en Corse, tous les professeurs sont corsophones. Éplucher les articles des différentes lois et dresser une liste de ceux qui ne sont respectés. Etc. Notons une petite éclaircie quand même. En effet, pour cette année, l’agrégation d’occitan-langue d’oc est sauvée. Cela s’est joué in extremis, mais c’est fait. Reste à pérenniser pour les années suivantes. Bref, le travail ne fait que commencer. CAS DE LA CORSE Un projet de loi constitutionnelle est rédigé. Ce projet fait suite à l’accord politique conclu le 11 mars 2024 entre le gouvernement et des élus de Corse, ouvrant la voie à u statut d’autonomie pour la Corse. Le texte reprend ce projet d'"écriture constitutionnelle". Il accorde un statut d’autonomie dans la République à la Corse, en relation avec ses spécificités et lui octroie des pouvoirs d'adaptation et d’édiction de normes. Il précise également les modalités de contrôle de ces pouvoirs et prévoit qu'une loi organique devra fixer les conditions dans lesquelles seront exercées ces nouveaux pouvoirs normatifs et les matières concernées. Cette loi organique appartient à une catégorie de lois, prévues par la Constitution, dont l'objet est de préciser les conditions d'application de la Constitution dans certains cas particuliers. Et il sera question de la langue corse dans ce projet de loi. Un nouvel article 72-5 est créé à cet effet dans la Constitution de 1958. Ce nouvel article reconnaît formellement le statut d’autonomie à la Corse et ses particularités qui sont de nature à justifier que les normes applicables dans cette collectivité puissent être différentes du reste du territoire. Son alinéa 1er dispose ainsi que "La Corse est dotée d’un statut d’autonomie au sein de la République, qui tient compte de ses intérêts propres, liés à son insularité méditerranéenne et à sa communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre". Cette autonomie est encadrée. Selon l'exposé des motifs du gouvernement, elle ne pourra pas conduire à déroger aux principes constitutionnels (comme la souveraineté nationale, l’indivisibilité de la République ou que la langue de la République est le français) ou à méconnaître le droit européen ou international. Philippe Reig Seance du Samedi 7 Novembre 2025 à Marseille Le 28ème congrès de l’ALCEM se tiendra à Uviéu/Oviedo du 24 au 26 juillet 2026
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